Rétablissement

Le rétablissement : parce que vous n’êtes pas une maladie !

Nous désirons un système de santé axé sur le rétablissement, qui ne limite pas son action au traitement des symptômes de la maladie. Un tel système tient compte du rétablissement de l’usager dans sa globalité, en tant que personne prenant part aux décisions la concernant; ses choix et ses rêves sont pris en considération.

« Le but du processus de rétablissement n’est pas de devenir normal. Le rétablissement est une façon de vivre. Une attitude et une façon de relever les défis de la vie de tous les jours. Ce n’est pas un processus linéaire : c’est une trajectoire qui comprend des moments de recul et des avancées. C’est l’aspiration à vivre, à travailler, à aimer et ce, dans une communauté à laquelle i l est possible de contribuer significativement» (Patricia Deegan, 1996).

Somme toute, on présente le rétablissement comme un épanouissement de la globalité de la personne ne se limitant pas nécessairement au retour à l’état antérieur à la maladie. Nathalie Lagueux (2007) parle de la « redécouverte de soi, de ses capacités et de ses rêves tout en se donnant de nouvelles possibilités, et cela, avec ou sans la présence de limites et de symptômes engendrés par la maladie mentale. » Le concept de rétablissement participe d’une prémisse selon laquelle la personne n’est pas une maladie et qu’une approche d’intervention se disant axée sur le rétablissement vise, encore une fois selon Lagueux « l’espoir d’une vie meilleure. »

L’espoir est un mot qui sort aussi de la bouche du Dr Alain Lesage (Le Point sur les RI, printemps 2012) : « Le rétablissement touche l’action avec la personne. L’individu avec un trouble mental, même grave, recherche un équilibre. Il s’agit donc d’avoir l’espoir que chaque personne avec un trouble mental grave est dans un processus de recherche d’équilibre, avec le soutien de ses proches, de sa communauté, des services sociaux et de santé; ces derniers agissant sur le plan du traitement, de la réadaptation et de la réinsertion sociale. Cela implique une philosophie de soin et de traitement qui place la personne au centre de son plan de traitement, de réadaptation et de réinsertion : c’est avec elle qu’on établit comment l’accompagner dans la recherche de ses objectifs de vie, de logement, de travail, de relations personnelles et sociales dans sa communauté. »

L’un de nos mandats, en tant qu’association défendant les intérêts de nos pairs, est d’user de notre pouvoir d’influence collectif afin d’inciter les décideurs et les intervenants d’intégrer l’approche du rétablissement pour transformer le système de santé mentale afin qu’il colle davantage aux besoins globaux de nos pairs qui y transitent. D’ailleurs, c’est un mandat que nous a donné démocratiquement la voix collective de nos pairs. Lors de la tournée de consultation 2010-2012, la première priorité d’action désirée par les quelque 206 pairs consultés était de bénéficier de services en santé mentale orientés sur le rétablissement global de la personne vivant un trouble mental.

L’expertise des Porte-voix reconnue d’un océan à l’autre

Les succès de notre programme de formation sur le rétablissement se fondent sur notre savoir expérientiel collectif et nos compétences en matière de rétablissement de plus en plus reconnus et respectés. Et ce d’un océan à l’autre. À preuve, en juin 2015 était lancé un ouvrage phare auquel ont participé deux des nôtres de manière substantielle : le Guide de référence pour des pratiques axées sur le rétablissement, de la Commission de la santé mentale du Canada. En chantier pendant plus de 2 ans sous la supervision du stratège visionnaire Howard Chodos, avant son lancement attendu, il est le premier document d’orientation complet, propre au contexte canadien, pour comprendre le rétablissement et promouvoir une mise en œuvre uniformisée des principes du rétablissement en ce qui concerne les politiques, les programmes et les pratiques. Le lancement du Guide de référence marque un nouveau jalon historique dans l’application de la stratégie en matière de santé mentale pour le Canada, Changer les orientations, changer des vies.

Fruit d’une minutieuse revue de littérature, de nombreuses consultations auprès d’experts de toutes perspectives (pairs, membres de l’entourage, chercheurs, gestionnaires et leaders des milieux institutionnels et communautaires, praticiens, etc.) le Guide de référence a été rédigé par une équipe de 4 auteurs dont a fait partie le directeur de notre Association, Sylvain d’Auteuil. De plus, le Président de l’Association jusqu’à récemment, Luc Vigneault, en signe un des mots d’introduction au nom des Porte-voix du Rétablissement.
Une importante contribution de votre Association à l’amélioration des services chez nous et partout au pays!

Consultez le Guide de référence pour des pratiques axées sur le rétablissement.

Déclaration d’engagement envers le rétablissement