Formation sur l’approche du rétablissement

Nous ne croyons pas aux formations universelles sur le rétablissement qui ne sont pas adaptées aux besoins spécifiques des milieux qui les reçoivent. Notre approche, basée sur les résultats d’un projet de recherche élaboré par notre Association avec l’équipe de Lourdes Rodriguez de l’Université de Montréal, nous a permis de concevoir un programme d’évaluation-formation taillé sur mesures sur les besoins recensés dans le milieu par une évaluation 360 degrés des besoins relatifs aux diverses composantes du rétablissement. Il s’agit donc d’une formation taillée sur mesures sur les points que vous avez besoin de travailler, que ce soit en gestion ou en intervention. Car nous avons développé des modules spécifiquement destinés aux gestionnaires et d’autres pour les intervenants. Notre équipe de formateurs possède non seulement l’incontournable ingrédient du savoir expérientiel du parcours du rétablissement, mais aussi des formations universitaires en service social et en gestion. L’expertise de l’Association en matière de rétablissement est reconnue d’un océan à l’autre, son dirigeant ayant fait partie de l’équipe des 4 auteurs du Guide de référence pour des pratique axées sur le rétablissement que la Commission de la santé mentale du Canada a lancé en juin 2015 – le premier ouvrage du type au Canada.

Formation rétablissement taillée sur mesures : un succès!

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Depuis le début 2016, près d’une centaine de gestionnaires et de superviseurs cliniques de ressources d’hébergement de type R.I. et R.T.F. ont été formés par les Porte-Voix du Rétablissement dans l’art de gérer un service axé sur le rétablissement.

Créée sur les fondations du Projet Rétablissement (voir page suivante), la formation sur l’approche du rétablissement de l’Association, dans son module destiné aux gestionnaires de services en santé mentale, était testé en mode pilote cet hiver en Mauricie, en Estrie et en Beauce.

Résultat : tout à fait au-delà des attentes les plus… folles!

Évaluée sur plusieurs points par les participants, la formation offerte en un bloc d’un jour et demi à de petits groupes d’en moyenne de 10 à 12 gestionnaires à la fois (afin de permettre un maximum d’interaction et un service plus personnalisé), a obtenu un succès remarquable comme en témoigne le graphique sur les scores obtenus.

Note générale : 93,2%!

De première importance ici, la note de 95% récoltée sur l’indicateur mesurant l’intention d’utiliser le nouveau savoir acquis dans l’intervention des gestionnaires et superviseurs cliniques. Et aussi à noter le 93,4% obtenu quant à l’applicabilité directe de l’apprentissage dans le travail des participants. Cela nous tient à cœur car le principal objectif de la formation est de faciliter l’implantation de l’approche du rétablissement dans les services de façon concrète tant dans la gestion que l’intervention. D’ailleurs, cela confirme la pertinence de notre formule selon laquelle nous évaluons l’approche rétablissement dans le type de service du client afin d’en faire un portrait qui nous permet ensuite de calquer les points forts de la formation sur les besoins et carences identifiés. En un jour et demi de formation, on se doit de prioriser la matière et de forger des outils de gestion et d’intervention pertinents au milieu où l’implantation du virage rétablissement doit se faire.

Les commentaires sont aussi éclairants, par exemple, l’un vantera un contenu « très formatif  » et des objectifs aux résultats attendus « réalisables et optimaux »; l’autre appréciera le côté « humaniste » de l’approche ainsi que sa saveur expérientielle, et plusieurs sortiront « motivés et outillés » pour concrètement appliquer l’approche au quotidien.

Nous sommes aussi fiers de constater que selon nos participants, la formation a répondu aux besoins et touché les cibles prioritaires, avec un contenu et une méthode pédagogique laissant beaucoup de place à des exercices concrets – mérite qui revient beaucoup à la conceptrice de la formation, Noémie Charles, une praticienne de grande compétence qui forme un tandem de formateurs très apprécié (96%) et complémentaire avec Sylvain d’Auteuil, spécialiste en gestion.

En bref, voilà une offre de service qui promet et participe à la contribution concrète du savoir expérientiel dans l’implantation sur le terrain du virage rétablissement au Québec.

Projet rétablissement !

Plus qu’un projet de recherche, un programme de formation et un partenariat avec notre Association, l’ARIHQ propose à ses membres une véritable alliance avec les résidents pour leur rétablissement. Pour nos membres… c’est l’espoir d’un modèle d’affaires capable de rendre un mouvement usager à la fois autonome et contributif au mieux-être de nos pairs dans les services de santé mentale !

Noémie

Noémie Charles, conceptrice de la formation.

Désirant que l’espoir du rétablissement infiltre davantage les ressources de ses membres, l’Association des ressources intermédiaires d’hébergement du Québec (ARIHQ) a approché Les Porte-voix du Rétablissement pour construire une solution adaptée à leur réalité. Quoi de plus naturel : ne sommes-nous pas porteurs d’un mandat visant à sensibiliser, promouvoir et former nos pairs et les acteurs du système de santé mentale à l’approche du rétablissement ?

Objectif rétablissement

Nous offrons alors à l’ARIHQ un projet utilisant des méthodes de recherche afin de recenser ce que les ressources intermédiaires (RI) font de mieux en termes de rétablissement, identifier des pistes de solutions quant aux aspects à améliorer, et évaluer des outils (dont une formation sur le rétablissement) conçus pour les aider à mettre de l’avant des pratiques davantages axées sur cette approche globale de la personne.

Nous étions à l’hiver 2013, et il y avait du pain sur la planche !

C’est ici qu’entre en jeu un partenaire important : l’Alliance internationale de recherche universités-communautés Santé mentale et citoyenneté (ARUCI-SMC). Lourdes Rodriguez Del Barrio, directrice de l’ARUCI-SMC et professeure à l’École de service social de l’Université de Montréal, a mobilisé son équipe de recherche pour aider à ce que le projet prenne forme, reçoive le financement nécessaire pour son démarrage et soit approuvé par le comité éthique de l’Université de Montréal.

L’ARUCI-SMC croit tout comme nous que ce projet pourrait avoir une influence positive sur l’ensemble du système de santé mentale québécois. Et elle croit au potentiel de notre savoir expérientiel. Car l’ARUCI-SMC est aiguillonnée par la recherche participative, c’est-à-dire mettant de l’avant la participation citoyenne de personnes en rétablissement d’une problématique de santé mentale. Car il s’agira d’une première pour un projet de recherche: Ce sont des personnes en rétablissement qui coordonneront le projet, et seront mandatées pour consulter la clientèle, développer et livrer la formation et les outils, puis en mesurer l’impact sur la qualité des services.

Ce concept sera novateur sous plusieurs angles : oui, il deviendra le premier programme de formation sur le rétablissement…

  • entièrement conçu, géré et livré par des pairs ;
  • conçu selon les besoins et les spécificités du service qui en bénéficie ;
  • transmis par un tandem de pairs dont l’un agira en tant que pair aidant pivot qui maintiendra un lien avec la RI tout au long de l’intégration en ses murs de l’approche du rétablissement et des outils que nous créerons.

Un petit pas pour la RI, un grand pas pour la santé mentale au Québec

Il est utile de contextualiser le projet de recherche afin de bien saisir ce qui le rend si ambitieux et prometteur. Il faut savoir que les deux premiers principes directeurs du Plan d’action en santé mentale (PASM) 2005-2010 du ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec (MSSS) sont :

  • la reconnaissance de « la capacité des personnes souffrant d’un trouble mental de faire des choix et de participer activement aux décisions qui les concernent », principe qui motive amplement les initiatives permettant « la participation citoyenne des utilisateurs aux exercices de planification des services de santé mentale » ;
  • la mise à l’avant-plan de l’approche du rétablissement, réaffirmant du coup « la capacité des personnes de prendre le contrôle de leur vie. »

La difficulté est que le PASM ne mentionne pas « comment » mettre ces principes en application, ni « comment » mesurer leur degré d’intégration dans la prestation des services. Et manque criant, les indicateurs de performance existants ne sont pas adaptés pour mesurer l’impact d’une telle approche novatrice en santé mentale. Il en faut de nouveaux, et le Projet Rétablissement en fournira plusieurs, tout en proposant des stratégies concrètes de mise en application que la clientèle, les intervenants et les gestionnaires des RI auront l’opportunité de bonifier grâce à la structure même du projet de recherche.

Dans les mots de plusieurs gestionnaires rencontrés, ces derniers sont avides d’une solution concrète afin de guider leurs décisions et démontrer à leurs supérieurs et aux bailleurs de fonds qu’elles portent fruit. Car les résultats de ce projet de recherche démontreront ce que les bailleurs de fonds doivent réaliser : la qualité des services offerts dans les milieux de vie requiert la mobilisation de moyens tout aussi importants, quelle que soit l’étape à laquelle les résidents se situent dans leur processus de rétablissement.

Pour notre Association, le Projet Rétablissement permettra la création d’une offre de services valorisant le savoir expérientiel de nos pairs par la mise en action d’un tel levier capable de favoriser une intégration mesurée de l’approche du rétablissement dans les services en santé mentale du Québec.