Consultation

La parole collective et la tournée de consultation 2010-2012


La parole collective des pairs telle que transmise par les représentants des Porte-voix du
Rétablissement se base essentiellement sur une tournée de consultation qui a débuté en
décembre 2010. Sont aussi tenues en compte des études réalisées auprès de nos pairs, ainsi que
des consultations ponctuelles de nos membres.

Jusqu’ici, 206 personnes de 8 régions (autant rurales qu’urbaines) ont participé à plus d’une
vingtaine de rencontres de discussion de près de 3 heures chacune. Bien que plus de 85% des
participants choisissent de devenir membres de l’association au terme de la consultation, signe
de leur satisfaction quant au processus, moins d’une dizaine de participants étaient déjà
membres au départ. Moins de 20% avait au préalable milité au sein d’un groupe de défense
d’intérêts ou de droits. La très grande majorité était consultée pour la première fois.

Les participants proviennent autant du réseau institutionnel que des services communautaires,
appartiennent à tous les groupes d’âge adultes (et montrent des profils sociodémographiques
variés), autant hommes que femmes, à divers stades du processus de rétablissement, et ont vécu
divers types de problématiques de santé mentale. Bref, l’échantillonnage présente une grande
diversité, une grande richesse de perspectives.

Le type de questions ouvertes utilisées en rencontres de discussion invite à une grande
spontanéité et variété d’interventions de la part des participants, touchant toutes les sphères de
leur vie et du système de santé mentale au Québec, sur ce qui aide et nuit à leur rétablissement.
Elles les invitent aussi à suggérer des pistes de solution et à prioriser les enjeux qui leur
importent le plus.

À ce sujet, voici les 5 priorités tirées de la tournée 2010-2012, en ordre
 d’importance :

  1. Orienter les services de santé mentale vers le rétablissement global de la
personne. Les pistes de solution les plus fréquemment amenées : l’embauche de pairs
aidants et l’accès facilité à toute forme d’entraide entre pairs; l’autogestion des soins et
l’intégration de la gestion autonome de la médication (GAM); la préconisation de
l’approche d’intervention par les forces sans toutefois minimiser les vulnérabilités et la
souffrance vécue par les personnes en rétablissement.
  2. Lutter contre la stigmatisation et les préjugés en santé mentale. Les pistes de
solution : préconiser la stratégie de contact par la présence et l’embauche de modèles
positifs de rétablissement dans les services et le marché du travail en général. On y
mentionne l’apport des pairs aidants, mais aussi de formateurs, de leaders, de
représentants et de conférenciers vivant ou ayant vécu un trouble mental. La cible à
privilégier : les acteurs de la première ligne de feu en situation de crise (ambulanciers,
répartiteurs du 911, policiers, urgentologues et personnel aux urgences, etc.), dont les
préjugés font le plus mal étant donné l’état de vulnérabilité extrême que nos pairs vivent
lors de ces moments.
  3. Favoriser l’essor de la participation citoyenne. Ici, on prône l’épanouissement et le financement adéquat des associations et des organismes gérés par et pour les personnes vivant un trouble mental. On y fait mentions égales des associations de défense d’intérêts provinciaux et régionaux, des groupes de défense de droit et des groupes d’entraide.
  4. Favoriser le rayonnement et le développement des organismes communautaires. On veut qu’ils soient mieux connus et reconnus par les acteurs du réseau institutionnel pour leur expertise et leurs contributions multiples au parcours de rétablissement de nos pairs. On y note que c’est au sein de tels organismes qu’on y retrouve davantage la possibilité de bénéficier de l’entraide entre pairs et aussi de bénéficier de services contribuant à la réinsertion sociale.
  5. Favoriser l’appropriation du pouvoir de la personne en facilitant l’accès aux études, à l’emploi et au logement. Ici, on parle de formations et d’emplois alignés sur le projet de vie et l’atteinte du plein potentiel de la personne, ainsi que d’une plus grande diversification de l’offre résidentielle incluant l’accès au logement privé autonome avec suivi clinique dans la communauté dans une formule de PSL (programme de supplément en logement) où l’enveloppe suit le parcours géographique de rétablissement de la personne plutôt qu’un attachement à l’emplacement du lieu de résidence. Bref on désire un investissement dans la personne plutôt que dans le béton, la brique et le mortier.

Autres priorités majeures:

Éliminer les trous de services. Notamment, on parle notamment ici du passage à l’âge adulte; de la transition des services hospitaliers et l’offre communautaire; de la création de services intégrés favorisant une offre pouvant mieux convenir aux personnes souffrant de problématiques multiples (ex. : troubles physiques et mentaux; toxicomanie et santé mentale; criminalité et santé mentale; itinérance et multi-problématiques, etc.)

Humaniser le réseau institutionnel. En y intégrant davantage notre perspective client et des modèles d’espoir, mais aussi en allégeant les structures pour mobiliser l’essentiel des ressources au niveau des équipes de soin et des services directs. Moins de chefs, plus d’Indiens!

Mieux supporter les familles et les proches. En les référant plus rapidement vers les nombreuses associations de familles, en les sensibilisant à la maladie mentale et en valorisant leur rôle crucial.