Historique

Notre association est unique dans la province de Québec, car elle est composée exclusivement de personnes vivant ou ayant vécu un trouble mental qui s’unissent pour promouvoir le rétablissement et défendre les intérêts de leurs pairs. C’est ce qui en fait à la fois sa richesse et sa force.

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Luc Vigneault, l’un des trois membres fondateurs, à Tout le monde en parle

Mijotée dans des rencontres de cuisine, la naissance des Porte-voix du Rétablissement a été incorporée le 24 janvier 2007. Trois personnes utilisatrices de services en santé mentale et militants en sont les membres fondateurs, soit : Luc Vigneault, Nathalie Lagueux et Véronique Bizier. Tous trois ont aussi oeuvré à différents niveaux au sein de l’Association des personnes utilisatrices de services en santé mentale de la région de Québec (APUR). Nous tenons par ailleurs à remercier chaleureusement l’APUR, qui a supporté ce projet et a financé gracieusement l’obtention de la charte et prêté les locaux.

En créant Les Porte-voix du Rétablissement, le souhait des membres fondateurs étaient de se rassembler que nous puissions unifier nos voix et faire entendre notre parole collective auprès des décideurs et des différents acteurs du réseau de la santé mentale. Un slogan américain représente bien notre vision : « Nothing about us without us » (rien à propos de nous sans nous).

Notre assemblée de fondation a eu lieu le 8 octobre 2008 à l’occasion du XIVe colloque de l’Association québécoise pour la réadaptation psychosociale (AQRP). Cette association nous a prêté un local où nous avons rassemblé plusieurs militants provenant de différentes régions du Québec.

Lors de ce même colloque, Nathalie Lagueux, cofondatrice des Porte-voix du Rétablissement, représentait le mouvement des personnes utilisatrices du Québec, dans le cadre d’une table ronde rassemblant d’autres usagers à l’international. Cette conférence avait pour thème « l’Escale au pays des usagers » et portait sur le sujet de l’implication des personnes utilisatrices dans le réseau de la santé mentale. Elle a profité de l’occasion pour présenter les Porte-voix du Rétablissement ainsi que ses administrateurs. Monsieur Luc Vigneault, alors président, a profité de l’occasion pour annoncer fièrement l’obtention du financement octroyé par le Ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec (MSSS) pour le démarrage de notre association. Devant 1000 participants, notre naissance a été accueillie chaleureusement et avec beaucoup d’enthousiasme, autant par les personnes en rétablissement, familles, intervenants et gestionnaires. Ce fut un moment historique !

L’aide financière du MSSS a été reçue en février 2009. Déterminés, les administrateurs ont débuté leurs réflexions concernant l’avenir de l’Association. Plusieurs idées, besoins et éléments d’une vision ont émergé de ces rencontres dites de fondation. Nous attendions depuis fort longtemps de nous réunir afin de bâtir une organisation qui représenterait les intérêts des personnes utilisatrices. Un rêve se réalisait. Depuis, le rêve est en action et la parole collective de nos pairs est entendue aux quatre coins de la province !

Merci à deux de nos pionniers!

L’Association était quelque peu dans le besoin lorsque je suis allé voir Luc afin de savoir s’il accepterait de revenir au Conseil d’administration des Porte-Voix du Rétablissement, dont il avait été l’un des co-fondateurs et le premier président il y a déjà presque 10 ans. Seul employé à la barre de l’Association, financement à peine suffisant pour garder la tête hors de l’eau, je devais être à la fois gestionnaire, porte-parole public, représentant aux tables, tête chercheuse de fonds et de talents, formateur et créateur de contenu, rassembleur des troupes alors que le membership avait décuplé depuis ma rentrée au poste de DG en 2010. Luc avait vécu une situation à peu près similaire avec l’APUR, envers et contre tous, et je me disais qu’il saurait m’accompagner vers la fin de notre phase de démarrage organisationnelle.
C’est ce qu’il a fait. Et plus encore, lorsqu’il a accepté de reprendre la présidence quelque temps plus tard. Solidaire, compétent, disponible, convaincant et usant de ses contacts lorsque la situation l’exigeait, il nous a beaucoup aidé à faire de notre Association ce qu’elle est aujourd’hui. D’ailleurs, le Projet Rétablissement est né d’un téléphone de Luc, qui me refilait un contact personnel au sein de l’ARIHQ pour me donner un contrat potentiel de consultant alors que l’Association ne me garantissait alors, en 2012, qu’un emploi à temps partiel pour lequel j’étais sans salaire depuis 2 mois car l’entrée des subventions prenait du retard. Et personnellement, je n’aurais pas pu traverser sans lui, voire survivre, l’année 2014-2015 et toutes ses épreuves. Oui, merci Luc!

Nous sommes un petit réseau. Tout le monde ou à peu près sait que nous formions un couple qui n’est plus depuis la fin 2014. Oui, Nath m’a manqué. Mais l’Association ne sait pas jusqu’à quel point elle a manqué sa co-fondatrice et ex présidente depuis 2014. Travaillant dans l’ombre, Nathalie Lagueux a été d’un soutien bénévole de tous les instants par ses conseils, sa vaste expérience, ses contacts et le jus de bras, aussi. Elle avait son Asso dans les tripes. Et l’Asso lui doit beaucoup. Malheureusement, nous n’avons pas encore réussi à redonner son bébé, Pairs Aidants Réseau dont elle est fondatrice, au mouvement usager. Mais ce n’est que partie remise, quoique ce sera plus ardu sans elle à bord.

Car oui, Nathalie a quitté l’AQRP et son bébé en 2015, mais n’écoutez pas les ragots de ceux qui la croient hors combat. L’ex itinérante et la résilience ne font qu’un. En doutiez-vous? Très récemment, elle brillait de tous ses feux à Montréal, invitée qu’elle était à former près de 200 intervenant(e)s de la DPJ de la métropole, à partir de ses compétences de travailleuse sociale et de son savoir expérientiel de mère à qui autrefois on avait retiré ses petits jumeaux. J’ai eu accès aux rapports d’évaluation… Doit-on être surpris des résultats? Oratrice magnétique au contenu pertinent et ultra compétente, Nathalie a reçu une rétroaction des plus enthousiastes d’un auditoire qui aurait pourtant pu être hostile. Welcome back!
Et au nom de toute l’Asso, oui, merci Nath!

- Sylvain d’Auteuil, Directeur général